Une faible lueur d’espoir.
Ingrid Betancourt et Clara Rojas sont détenues aujourd’hui depuis 1245 jours… mais une petite lueur d’espoir vient d’apparaître : on vient d’apprendre qu’un envoyé du président français Jacques Chirac aurait rencontré il y a 10 jours Raul Reyes, le numéro deux des Farc. Cette réunion a été autorisée par le Président Uribe. Les Farc, de leur côté, ont libéré un soldat kidnappé dans l’attaque de Teteyé en mai dernier, “comme geste de paix”.
Ce n’est bien sur qu’un tout petit pas en avant. Mais c’est du beaume au coeur pour la famille d’Ingrid et des autres otages. Yolanda Pulecio, mère d’Ingrid, a dit déclaré à Radio Caracol qu’elle se sentait maintenant un peu plus tranquille, dans la mesure où elle avait obtenu l’assurance que sa fille était en vie et en bonne santé, bien qu’elle soit détenue. Yolanda Pulecio espère que cette réunion récente est une étape essentielle pour la libération de sa fille.
Quant à Astrid, la soeur d’Ingrid, elle vient d’arriver en Colombie, venant de Paris pour préparer la visite du maire de cette ville à Bogota. « Cette réunion secrète et confidentielle s’inscrit dans le cadre de l’appui qu’a toujours offert la France à la Colombie au sujet des kidnappés, et il nous paraît positif que le président Alvaro Uribe ait cautionné cette rencontre», a-t-elle déclaré.
D’autres nouvelles, non confirmées, parlent également d’une entrevue d’un responsable des Farc avec des émissaires des USA, qui ont trois de leurs ressortissants également aux mains des Farc.
Aux USA précisément, on commence à se poser des questions sur ce qui se passe en Colombie. Le Congrès des Etats Unis vient de geler un million de dollars d’aide à la Colombie pour ses manquements dans le domaine des Droits Humains. Cette somme fait partie du paquet d’assistance que donnent annuellement les USA aux Forces Armées Colombiennes, dans le cadre du Plan Colombie.
La raison officielle est que le département d’État n’a pas pu démontrer des progrès suffisants dans le domaine du respect des Droits de l’Homme. Toutefois, selon l’ambassadeur Luis Alberto Moreno, il y a une autre raison. « Il est indubitable - dit Moreno - que la certification est freinée pour des motifs politiques : la loi de ‘ justice et paix ’ de démobilisation des paramilitaires ».
Une grande émotion a effectivement été suscitée récemment par cette loi que vient de passer le Parlement colombien, et qui est vivement critiquée par de nombreuses organisations à travers le Monde - dont Amnesty International - parce qu’elle ressemble très fort à une amnistie presque totale pour les paramilitaires d’extrème-droite - souvent considérés comme les auxiliaires de certaines parties de l’Armée colombienne, et qui sont responsables d’après Amnesty de plus de 80 pour cent des crimes contre les Droits de l’Homme en Colombie.
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