loi DADvSI : démission Donnedieu
Communiqué de la Ligue Odebi
ConsidĂ©rant la transparence comme une condition nĂ©cessaire au dĂ©bat dĂ©mocratique, la Ligue ODEBI a dĂ©cidĂ© de publier le point d’Ă©tape du ministère de la culture. La Ligue dĂ©nonce ce document, qui dĂ©montre -si besoin Ă©tait- l’allĂ©geance du ministère de Donnedieu aux lobbies des industries culturelles. La Ligue dĂ©nonce en particulier les points suivants :
Il est inacceptable que le droit Ă la copie privĂ©e de DVD soit supprimĂ© : d’une part les français paient une redevance pour copie privĂ©e, et d’autre part les dispositifs anti-copie des DVD ont Ă©tĂ© condamnĂ©s par la justice française. Il est intolĂ©rable que le ministère de la culture essaie de lĂ©galiser les agissements illĂ©gaux des Ă©diteurs de DVD.
En matière de sensibilisation du public, il n’est pas acceptable que le ministère de la culture persiste Ă prĂ©tendre que le p2p reprĂ©sente un danger : la rĂ©alitĂ© objective est qu’aucune Ă©tude sĂ©rieuse n’a jamais rĂ©ussi Ă dĂ©montrer que le p2p pouvait ĂŞtre responsable d’une Ă©ventuelle baisse de ventes de CD.
Concernant les dispositifs de contrĂ´le d’usage (DCU), la Ligue rappelle le droit non nĂ©gociable des internautes Ă la copie privĂ©e, Ă l’interopĂ©rabilitĂ©, au respect de la vie privĂ©e, et Ă la sĂ©curitĂ© informatique: Partant de lĂ , soit les DCU portant atteinte Ă l’un de ces droits doivent ĂŞtre dĂ©clarĂ©s illĂ©gaux, soit la conception, la diffusion, l’incitation Ă l’usage, la dĂ©tention, et l’utilisation d’outils permettant aux français de neutraliser tout Ă©lĂ©ment d’un DCU portant atteinte Ă l’un de ces droits doivent ĂŞtre explicitement dĂ©clarĂ©s lĂ©gaux. Nul ne peut accepter que la loi autorise a priori les multinationales culturelles Ă utiliser des DCU portant atteinte aux droits des internautes, ou que ces derniers ne puissent utiliser des outils leur permettant de se dĂ©fendre contre de tels abus.
La Ligue dĂ©nonce l’amalgame que le ministère persiste Ă faire entre tĂ©lĂ©chargement (download) et mise Ă disposition (upload), et rappelle que le download seul a Ă©tĂ© jugĂ© comme relevant de la copie privĂ©e, mĂŞme si le ministère essaie de cacher ce type de dĂ©cisions de justice aux jeunes français. Par consĂ©quent le fait de prĂ©voir de dĂ©sormais sanctionner un tel acte de copie privĂ©e par une contravention ne peut que mener Ă la disparition de la redevance pour copie privĂ©e, ce qui nuirait en particulier aux artistes et aux collectivitĂ©s locales (25% de la redevance sert au financement des Ă©vĂ©nements culturels en rĂ©gion).
Il n’est pas acceptable que le projet de loi ne fasse que favoriser l’interopĂ©rabilitĂ© : la loi doit rendre celle-ci obligatoire, et prĂ©voir les sanctions idoines Ă l’encontre des contrevenants.
Concernant le prix relatif des CD et des albums en ligne, dire que les albums coĂ»tent moins cher en ligne relève de la dĂ©sinformation : la qualitĂ© de ces diffĂ©rents produits n’est tout simplement pas comparable.
Refuser une licence globale au prétexte que cela obligerait une surveillance du réseau relève de la plus pure hypocrisie : cette surveillance effectuée par des milices privées existe déjà , et la riposte graduée consistera à la légaliser.
Affirmer que le projet de loi garantit la copie privĂ©e est une contre-vĂ©ritĂ©, ne serait-ce que parce que le ministère propose de l’interdire pour les DVD.
PrĂ©tendre que les DCU sont lĂ©gitimes car ils permettent d’Ă©viter le clonage des oeuvres relève du domaine du rĂŞve : de toutes façons, il suffit d’un clone introduit sur le Net pour rĂ©duire Ă nĂ©ant l’efficacitĂ© de DCU qui dès lors n’auront plus comme effet que de gĂŞner les utilisateurs ayant achetĂ© des oeuvres “protĂ©gĂ©es” par DCU. Qui plus est , le meilleur moyen de ne pas avoir Ă subir un DCU est de tĂ©lĂ©charger des oeuvres “propres” sur le Net.
En matière de logiciel libre, il est Ă première vue heureux que le ministère affirme que la diffusion du code source des DCU ne soit pas limitĂ©e : le seul problème est que cette affirmation dĂ©montre soit l’hypocrisie, soit l’incompĂ©tence des rĂ©dacteurs dans la mesure oĂą la neutralisation d’un DCU est triviale dès lors que le source est accessible.
L’affirmation “trop d’interopĂ©rabilitĂ© nuit Ă la sĂ©curitĂ© des mesures techniques” est totalement inacceptable. L’interopĂ©rabilitĂ© est un droit fondamental, celui de lire et de copier pour son usage privĂ© sur tout support, tout format, et par tout moyen. Le lĂ©gislateur ne peut pas lĂ©galiser l’arnaque : un CD ou un fichier est la pleine propriĂ©tĂ© de celui qui l’a achetĂ©. Enfin, en particulier au vu des points prĂ©cĂ©demment dĂ©noncĂ©s, la page du document du ministère intitulĂ©e “halte Ă la dĂ©sinformation” constitue très exactement une dĂ©sinformation.
La Ligue demande l’arrĂŞt immĂ©diat des campagnes de diabolisation et de dĂ©sinformation menĂ©es conjointement par le ministère et par les industries culturelles. Les prĂ©tendus “pirates” en ont marre de voir leurs droits bafouĂ©s, et rappellent :
- que les dispositifs anti-copie sur CD et DVD ont été jugés illégaux,
- que le download a été jugé comme relevant de la copie privée,
- qu’Ă chaque fois qu’un français achète un support vierge pour sauvegarder ses donnĂ©es personnelles, il doit payer les industries culturelles,
- que ces industries se servent sans vergogne dans les caisses des hôpitaux français qui sont obligés de payer une taxe à ces industries à chaque achat de support numérique vierge pourtant utilisé à des fins purement médicales,
- et enfin, qu’on ne peut pas racketter les français en leur demandant de payer une taxe copie privĂ©e et dans le mĂŞme temps autoriser les dispositifs anti-copie.
Pour finir les internautes en ont assez de recevoir des “leçons” d’un ministère qui est de connivence avec les industries culturelles, d’un rapporteur condamnĂ© pour avoir tenu des propos homophobes, et d’un ministre condamnĂ© pour blanchiment.
La Ligue demande le retrait de l’urgence, la prise en compte des intĂ©rĂŞts des Ă©lecteurs, et la dĂ©mission du ministre Donnedieu.
Liens : Le document du ministère est disponible La Ligue Odebi

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