Le 7 juin 2009, contre l’euro-libéralisme et l’euro-répression

A l’occasion des élections européennes, les partisans du Traité constitutionnel européen, devenu Traité de Lisbonne, voudraient faire croire que l’Union européenne (UE) serait réformable et réformée notamment au plan économique et social. Ainsi, ces «europhiles» béats affirment que l’Europe serait devenue, grâce à la crise, la championne de la «nouvelle régulation». Cependant, il faut se rendre à l’évidence, de Maastricht à Lisbonne, l’Europe n’a pas changé, toujours fondée sur le modèle capitaliste. Elle reste le bastion de l’ultralibéralisme, de la destruction des services publics et de la privatisation au nom de la libre circulation et de la libre concurrence. Pour l’Union européenne, la crise est un moyen et un prétexte pour accélérer la restructuration de l’économie. Quant à l’environnement, l’Europe est devenue, au côté des Etats-Unis, le nouveau chantre de la «croissance verte» à la conquête du nouveau marché de l’écologie.

Aussi, le 7 juin doit être, pour les abertzale, une nouvelle opportunité de rappeler avec force notre opposition au Traité de Lisbonne en votant Euskal Herriaren Alde.

C’est au plan sécuritaire que la dérive de l’Union européenne a été la plus spectaculaire dans le cadre de la «JAI», Justice et Affaires Intérieures. C’est l’Europe ultra-sécuritaire, l’Europe raciste et l’Europe forteresse qui triomphe. Ce «modèle» s’est encore renforcé après le 11 septembre depuis que la lutte contre le terrorisme est devenue le nouveau ciment idéologique qui unit la quasi-totalité du monde derrière les «grandes puissances» mondiales, notamment l’UE «OTANisée», la Russie «poutinisée», la Chine «néo-capitalisée» et les Etats-Unis à la reconquête d’un nouveau leadership mondial.

Dans le domaine de la coopération judiciaire et policière, toutes les institutions européennes, y compris le Parlement, ont été les complices actifs des gouvernements français et espagnol contre le peuple basque. Equipes conjointes de membres des forces de sécurité espagnoles et françaises, magistrats de liaison, suppression de la procédure d’extradition entre Etats membres, mandat d’arrêt européen, définition commune du terrorisme toujours plus sévère et plus floue et destinée à unifier la répression en Europe, listes noires de militants, des partis politiques et des associations, fichages généralisés… l’Union européenne s’est acharnée contre les militants de la cause basque qui sont les victimes directes et privilégiées de l’Euro-Répression.

Pour les Etats, l’intégration à l’Union européenne équivaut à la délivrance d’un certificat de bonne conduite. Ainsi, parce que l’Espagne a intégré l’Union européenne, il existerait une présomption absolument irrécusable que les forces de sécurités espagnoles ne pratiquent pas la torture. Pourtant, les divers Comités et Rapporteurs spéciaux de l’ONU et du Conseil de l’Europe attestent que l’Espagne torture. Mais, l’Union européenne est la seule organisation internationale qui refuse de le reconnaître.

Le 7 juin, en votant Euskal Herriaren Alde, les abertzale doivent se mobiliser et s’unir pour soutenir les militants frappés par l’Euro-répression.

Didier ROUGET / JURISTE 

Le Journal du Pays Basque du 16/05/2009

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